Né en 1939 à Brooklyn, Peter Wittking se dote d’une formation de sculpteur avant de se former rapidement à la photographie.

Située à la jonction de ces deux disciples, l’auteur porte un regard sur l’être humain évoluant dans un monde étrange et onirique qui par moment me fait penser à Félicien Rops.

Il n’est pas facile au premier abord de rentrer dans l’univers photographique de Peter Witking.

Pour y accéder, le visiteur doit au préalable se débarrasser des critères esthétiques dominants hérités de la renaissance. D’aucuns s’y refusent, préférant la sécurité du connu à l’aventure dans laquelle le photographe nous entraine.

Au cours de ce périple, l’artiste nous fait découvrir la beauté qui se trouve en chaque lieu, en chaque être, en chaque corps en tout ou en partie et cela, quel que soit son apparence ou son genre.

Pour celui qui entre dans cet univers singulier et laisse à son regard la liberté de voyager, l’émotion et l’amour seront au rendez-vous. Car ne faut pas s’y tromper, ce sont des yeux chargés d’amour que le photographe porte sur ses modèles. La recherche d’une connivence, d’un espace commun de re-connaissance participe à sa démarche artistique au point d’abandonner certains projets faute de modèles.

Le visiteur ne pourrait voir dans ses photographies qu’une provocation de plus dans le paysage médiatique contemporain, il passera alors à côté de ce que l’auteur veut nous dire de sa vision du monde, de sa croyance et de sa foi en l’homme.

Une œuvre puissante, interpellante, qui peut susciter le rejet où l’admiration, parfois les deux dans le même temps, mais jamais elle ne laisse indifférente.

Christian Gobyn-Degraeve