Lettre ouverte à mes amis écolos.

À lire les commentaires politiques dans les médias et les déclarations de certains hommes politiques, il apparait de plus en plus évident qu’à moyen terme, de nouvelles élections seront organisées avec en point de mire une nouvelle réforme de l’État.

De tous bords, on persuadera l’électeur que le vivre ensemble n’est plus possible, que Flamands, Bruxellois et Wallons nous n’avons plus les mêmes priorités, que les choses seraient mieux gérées chacun de son côté plutôt qu’ensembles…. Blablabla de politiciens, litanie bien connue assénée par des éditorialistes tant du Nord que du Sud, tant de gauche que de droite.

Et le citoyen dans tout ce tohu-bohu, quelle place peut-il encore prendre ?

Dans son manifeste politique, le parti écolo annonce la couleur, et je cite : « continuer à moderniser le système fédéral belge avec Groen. » Trois lignes pas une de plus consacrées à notre loi fondamentale. C’est peu dans un document de 13 pages.

Retour en arrière.

Sous prétexte de «  prendre ses responsabilités » Ecolo été partie prenante des deux dernières réformes de l’État. Bien mal lui en a pris puisqu’aux élections suivantes les électeurs sanctionnaient le parti et le renvoyaient dans l’opposition après un recul historique. Même si les partis politiques en général prennent l’électeur pour un nigaud, il est tout de même réjouissant de constater qu’il peut réfléchir contrairement à ce que certains laissent penser.

Et que constate-t-il cet électeur ? Quelles questions se posent-ils ?

  • 10 ministres de la santé autour d’une table pour faire face à une pandémie. Douze lorsqu’on y ajoute ceux qui sont responsables des maisons de repos. Question d’efficience, il y a mieux !
  • Cinq ministres en charge de l’environnement, incapables de s’entendre et s’imaginant peut-être que le changement climatique est différent de part et d’autre des frontières des régions. Poudre aux yeux climatiques !
  • Un code de la route régional permet, parait-il, de circuler dans de meilleures conditions. Surréaliste !
  • Des allocations familiales différentes pour permettre aux familles de mieux faire face à leurs problèmes quotidiens ? Une illusion !
  • Six parlements avec non seulement ses élus, mais aussi sa cohorte interminable de secrétaires, personnel administratif, technique, locaux rénovés à grands frais pour une meilleure gouvernance. Il y a de quoi rire !
  • Des administrations différentes dans chaque région pour prélever l’impôt, gérer les routes, les forêts, la pollution. Aberrant!

Je m’arrête là, je risque de devenir ennuyeux.

En matière économique, je constate que toutes les entreprises fusionnent, rationalisent, tant pour faire des économies d’échelle que pour une meilleure efficacité dans leur gestion. Une organisation bien à contre-courant de l’évolution de la Belgique, car toutes ces réformes ont engendré un cout énorme que jamais à ma connaissance quelqu’un n’a osé chiffrer. Notre pays est endetté, les impôts sont lourds aux dires des toutes les études internationales. Là aussi silence coupable des médias, le citoyen est tenu à l’écart.

On nous bassine les oreilles depuis les années 80 sur les nécessaires ajustements budgétaires, les économies à réaliser dans les services aux citoyens (bien entendu) en matière de justice, santé, pensions, chômage, culture, arts, mais s’est-on un jour inquiété de déterminer justement dans les couts pléthoriques engendrés par ces différentes réformes de l’état ? Jamais à mon sens, ces données sont soigneusement passées sous silence.

Malheureusement, le millefeuille institutionnel belge n’a été possible que grâce à l’apport d’écolo. Dans son manifeste, le parti nous demande de cautionner un chèque en blanc pour poursuivre dans cette voie. Quand on voit le résultat, je m’inquiète et m’interroge : Peut-on, lors d’un weekend laisser quelques centaines de cotisants décider de notre avenir ? Pour ma part, je m’y refuse.

Nous, électeurs, devons de réagir et puisque Ecolo prone la participation active du citoyen à la chose publique, exigeons de sa part la mise sur pied d’assemblées citoyennes dans chaque ville, chaque quartier, chaque village pour débattre d’une éventuelle réforme de l’état répondant aux exigences des citoyens. Des assemblées ouvertes ou tous les aspects seront abordés y compris les enjeux financiers des projets de réformes.

Non pas des réunions confidentielles dans l’arrière-salle des permanences, mais dans des lieux où les gens sont susceptibles de rendre.

Lors de la crise bancaire de 2008 l’Islande à montrer le chemin. Qu’Ecolo prenne exemple.

Vous m’avez lu peut-être jusqu’au bout. Si vous êtes un tant soit peu concernés par le propos, diffusez cette lettre ouverte, faites pression sur vos mandataires écolos ou autres pour qu’ils prennent notre avis préalablement à toutes négociations. Les accords conclus, il sera trop tard !

L’avenir nous dira ce qu’il adviendra de notre exigence.

Ch Gobyn-Degraeve

Mouscron