Un bourgmestre
impuissant… Vous y croyez vraiment ?

Le 31 décembre
dernier, Madame Aubert, bourgmestre de Mouscron, serait la main de « Thomas » (nom
d’emprunt) lors du réveillon organisé par l’association “Mouscron Terre
d’accueil” avec des réfugiés qui étaient passés par le centre d’accueil du Refuge.

En prenant le temps
de prendre des photos avec son smartphone, elle prononçait quelques
paroles de félicitations et d’encouragements tout en montrant son
attachement aux valeurs humanistes de son parti.

Ça fait toujours
chaud au cœur en plein hiver et l’on a envie d’y croire.

Faut croire que la
photo était trop belle.

Cinq mois plus tard,
changement de décor.

La police de
Mouscron parvient à s’introduire chez Thomas, l’arrête, lui
donne quelques minutes pour rassembler ses affaires avant de le
conduire dans une prison (appelé pudiquement « centre fermé »).
Thomas est membre de la Ligue
des droits de l’Homme, n’a commis aucun délit sinon celui
« d’humanité ».
Plutôt que d’être rapatrié de force , il demande son renvoi dans son pays d’origine, mais là n’est pas le propos.

La bourgmestre de
Mouscron, ferme les yeux sur une visite que l’on peut qualifier de
« domiciliaires » et cela en opposition avec un vote
majoritaire des élus locaux s’opposant à ce genre d’intervention.
Elle affirme en outre ne pas avoir eu connaissance de l’intervention
de sa police.

Étrange qu’un
bourgmestre ne soit pas au courant de ce qui se passe dans son propre
corps de police dont la loi lui confère l’autorité et la
responsabilité. Je me crois revenu aux remous de l’affaire Dutroux
et en tant que citoyen je m’inquiète de voir de telles carences
dans l’exercice de son mandat.

Mais il est vrai que
nos chers élus mouscronnois ont, semblent-ils, plus de compétences
et de temps pour organiser des « apéros » que pour
défendre les citoyens et les valeurs humanistes au nom desquelles
ils ont été élus.

Il est possible au
demeurant que ces mêmes élus manquent de courage politique, mais
dans ce milieu c’est une denrée rare, ils préfèrent en général
manier la langue de bois.

Parfois il y a des exceptions. Il faut le
souligner. Madame C Defraigne
et Monsieur Hervé Jamart, ancien ministre, en font partie. Par des gestes qui les honorent ils ont osé affirmer la primauté de leur
conscience et l’importance des valeurs humanistes qui font que,
sans elles, il n’y a plus d’humain que le nom.


Et la police dans tout ça?

J’en viens
maintenant à la réaction de la police de Mouscron, pour qui ce
genre d’action « est un crève-cœur », mais qui
assure en même temps qu’elle assure “suivre à la lettre les
directives
” de l’office des étrangers.

Faut-il rappeler que
dans tous les régimes totalitaires y compris dans l’Allemagne
hitlérienne tant de simples citoyens que de hauts responsables
ont toujours tenté, avec plus ou moins de succès, de faire échec à
des directives qui n’étaient pas en accord avec leur conscience?
Le plus souvent ils ont saboté sans bruit ni tapage des ordres venus
d’en haut. Des milliers de gens leur doivent de vivre.

Certes je rêve,
mais avec un peu d’imagination, la police aurait pu faire échouer
cette atteinte à nos valeurs fondamentales et nous préserver des
diktats d’une droite xénophobe et nationaliste qui réussit à
jouer avec nos peurs et prendre le contrôle d’un service de police
censé assumer un rôle de protection de tous les citoyens sans distinction de race, de sexe, de religion.

Là aussi, il leur
aurait fallu du courage,

« Notre bonne
ville de Mouscron » (c’est ainsi que l’on se plait à se
nommer) manquerait-elle donc de cette qualité qui fait la différence
entre les hommes qui font l’histoire et ceux qui se contentent
d’acquiescer.

À vous de juger.