Enterrement
de première classe,


les meilleurs moyens d’enterrer une idée…

Avec
les gens que nous avons… il faut pas trop en demander !

Chez
eux d’accord mais pas chez nous. Chez nous c’est différent. Vous
pouvez oublier!

C’est
de la théorie tout ça, c’est inapplicable chez nous.

Nous
sommes dans un secteur tout à fait spécial, qui n’a rien à voir
avec une autre activité !

Vous
n’êtes pas sérieux quand vous dîtes cela. !

On
voit tout de suite que vous n’avez aucune expérience du
terrain.. !

Votre
idée c’est de l’utopie, il faut rester réaliste, il n’y a pas
de place chez nous pour les aventures !

Vous
n’y pensez pas vu la situation dans laquelle on se trouve !

Ici
c’est spécial, nous ne pouvons pas compter sur eux.

J’ai
déjà tout essayé, c’est perdu d’avance ! Vous ne savez
pas à qui vous avez à faire !

Voilà
ce que j’appelle « les casseurs » d’idées, les
« fossoyeurs du changement ». Il y en a d’autres
rassurez-vous.

Ces
phrases entendues lors de multiples réunions durant ma vie
professionnelle ont été proférées maintes fois par les rois du statu quo.

Elles
disent quelque chose de ceux qui les prononcent, et rien sur le public
visé.

Mais
elles posent clairement la question du leadership, du patron, du
meneur d’hommes.

Tout
comme d’ailleurs en politique, un leader, un meneur d’homme est
quelqu’un qui fait adhérer les gens à une idée qui les dépasse,
une idée qui les font rêver, qui leur assure que le quotidien n’est
pas inéluctable et qu’un autre avenir est possible.

Le
meneur d’homme apporte un supplément d’âme et de rêve. Il a un
objectif, auquel il croit et sait le faire partager.

Cette
volonté du meneur est confrontée à la motivation du personnel. Le
manque de motivation n’est pas le fait uniquement de la personne,
loin de là, mais il est le fruit, d’une histoire, d’une
situation sociale, politique, entrepreneuriale qui met les personnes
hors course, hors de la participation à leur devenir au sein d’un
groupe. Elles ne sentent plus « concernées » et
finissent par courber l’échine, à en faire le minimum.

Pour
sortir de ce cercle vicieux le leader doit tenter de ressusciter leur
potentiel, leur créativité, leur énergie vitale, toujours
présents, et en faire des alliés à la réalisation de son projet,
de son idée. Il fera des personnes des acteurs de leur devenir, de
leur travail, plutôt que des spectateurs.

Pour
le leader il s’agit d’approfondir sa manière de manager en
privilégiant la créativité des personnes et les projets partagés
plutôt que se focaliser sur la gestion par ailleurs nécessaire. La
gestion peut toujours être déléguée, jamais le leadership. À
noter que ni l’un ni l’autre ne sont mauvais en soi et que les
deux sont indispensables au sein d’un groupe. C’est une question
de préférences de choix, moins de capacités, car celles-ci peuvent
s’acquérir.

Les
vrais leaders sont ceux qui délaissent le management de gestion et
de contrôle pour celui de la délégation, de la confiance et du
soutien à leurs collaborateurs.

Se
sentir contrôler est ressenti comme une menace par le personnel, se
sentir soutenu et reconnu dans ce qu’il a de meilleur est la seule
et unique source de motivation.

Mesurer
le degré de motivation du personnel et vous aurez une idée de votre
manière de manager votre équipe.

C’est
aussi le choix d’un responsable de privilégier l’une ou l’autre
option . Une question de flexibilité, car tous les membres du
personnel sont à des moments d’évolution différents.

Ch
Gobyn-Degraeve