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La politique est une affaire trop importante pour la laisser aux mains des partis.

À lire les éditoriaux politiques dans les médias et les déclarations de plusieurs responsables de différents partis, il apparaît de plus en plus évident qu’à moyen terme, de nouvelles élections seront organisées avec en point de mire une nouvelle réforme de l’État.

De tous bords, on tentera de persuader l’électeur que le vivre ensemble n’est plus possible, que Flamands, Bruxellois et Wallons n’avons plus les mêmes priorités, que les choses seraient mieux gérées chacun de son côté plutôt qu’ensemble…. Bla-bla-bla, litanie bien connue assénée par des éditorialistes tant du Nord que du Sud, tant de gauche que de droite.

Et le citoyen dans tout ce tohubohu, quelle place peut-il encore prendre ?

Prenons l’exemple du parti écolo qui fait de la participation citoyenne un objectif primordial de son programme. Dans son manifeste politique, le parti écolo annonce la couleur, et je cite : « continuer à moderniser le système fédéral belge avec Groen. » Trois lignes, pas une de plus, consacrées à notre loi fondamentale. C’est peu dans un document de 13 pages.

Même si les partis politiques en général prennent l’électeur pour un nigaud, il est tout de même réjouissant de constater qu’il peut réfléchir, contrairement à ce que certains laissent penser. Rien qu’en Flandres, les 3 partis traditionnels sont passés de 60% en 1999 à 38% en 2019. La même tendance au recul prévaut en Wallonie. Les réformes de l’État épinglées comme essentielles n’ont manifestement pas convaincu l’électeur.

Et que constate cet électeur ? Quelles questions se posent-ils ?

  • 10 ministres de la santé autour d’une table pour faire face à une pandémie. Douze lorsqu’on y ajoute ceux qui sont responsables des maisons de repos. Question d’efficience, il y a mieux !
  • Cinq ministres chargés de l’environnement, incapables de s’entendre et s’imaginant peut-être que le changement climatique est différent de part et d’autre des frontières des régions. Poudre aux yeux climatiques !
  • Un code de la route régional permet, parait-il, de circuler dans de meilleures conditions. Surréaliste !
  • Des allocations familiales différentes pour permettre aux familles de mieux faire face à leurs problèmes quotidiens ? Une illusion !
  • Six parlements avec non seulement ses élus, mais aussi sa cohorte interminable de secrétaires, personnel administratif et technique, locaux rénovés à grands frais pour une meilleure gouvernance. Il y a de quoi rire !
  • Des administrations différentes dans chaque région pour prélever l’impôt, gérer les routes, les forêts, la pollution. Aberrant!

Je m’arrête là, je risque de devenir ennuyeux.

En matière économique, je constate que toutes les entreprises fusionnent, rationalisent, tant pour faire des économies d’échelle que pour assurer une meilleure efficacité de leur gestion. Une manière de gérer bien à contre-courant de l’évolution institutionnelle de la Belgique. En effet, toutes ces réformes ont engendré un cout énorme que, jamais à ma connaissance, quelqu’un n’a osé chiffrer.

Avec la complicité coupable des médias et de leur silence, le citoyen est tenu à l’écart.

Notre pays est endetté, les impôts sont trop lourds aux dires des toutes les études internationales, mais jamais les partis mettent sur la table des réformes susceptibles de rationaliser les couts des institutions. Bien au contraire, elles les complexifient sans s’inquiéter des dépenses engendrées.

On nous bassine les oreilles à longueur d’année, depuis les années 80 sur les nécessaires ajustements budgétaires, les économies à réaliser dans les services aux citoyens (bien entendu) en matière de justice, santé, pensions, chômage, culture, arts, mais s’est-on un jour inquiété de déterminer justement dans les couts pléthoriques engendrés par ces différentes réformes de l’état ? Jamais à mon sens. Ces données sont soigneusement passées sous silence.

Malheureusement, le millefeuille institutionnel belge n’a été possible que grâce à l’apport de petits partis comme Ecolo. Tous les partis, petits et grands demandent aux électeurs de cautionner un chèque en blanc pour poursuivre dans cette voie. Quand on voit le résultat, je m’inquiète et je m’interroge : peut-on, lors d’un weekend, laisser quelques centaines de cotisants réunis en congrès, décider de notre avenir ? Pour ma part, je m’y refuse.

Nous, électeurs, devons réagir et puisque les partis déplorent le fossé qui se creuse entre la population et les élus, exigeons de leur part de mettre sur pied des assemblées citoyennes dans chaque ville, chaque quartier, chaque village pour débattre d’une éventuelle réforme de l’état répondant auxattentes légitimes des citoyens. Des assemblées ouvertes où tous les aspects seront abordés y compris les enjeux financiers des projets de réformes. Non pas des réunions confidentielles dans l’arrière-salle des permanences, mais dans des lieux où les gens sont susceptibles de s’y rendre.

Lors de la crise bancaire de 2008, l’Islande a montré le chemin. Que les partis en prennent de la graine.

Vous m’avez lu peut-être jusqu’au bout. Si vous êtes un tant soit peu concernés par le propos, diffusez cette lettre ouverte, faites pression sur vos mandataires pour qu’ils prennent nos avis préalablement à toutes négociations. Une fois les accords conclus, il sera trop tard !

L’avenir nous dira ce qu’il adviendra de nos exigences.

Ch Gobyn-Degraeve

Mouscron